Santé

Togo : l’usage du ‘Sodabi’ comme gel désinfectant dans le Vo et Yoto, l’Ong SADD sonne l’alerte !

Ong SADD

Le constat est alarmant. Et doit interpeller tous les acteurs impliqués dans la riposte au Covid-19 au Togo. Les mesures barrières prônées par le gouvernement pour lutter contre la propagation du virus sont très peu suivies dans les préfectures de Vo et Yoto. Et c’est l’Ong Solidarité et Action pour le Développement Durable (SADD) qui le révèle. Selon une enquête réalisée du 15 mars au 06 avril 2020 par cette organisation membre de la société civile togolaise, à Vogan, localité située à 48 km au Sud-Est de Lomé, il en ressort qu’un (01) seul jeune sur dix (10) porte une bavette communément appelée ‘cache-nez’. Idem pour trois (03) adultes sur dix (10). Même constat dans les villes de Tabligbo, Hahotoé, et dans les villages de Kinikondji, Sikakondji, Tokpli, Kpomé à titre illustratif.

La même enquête révèle que dans les chefs-lieux des cantons et les villages environnants, la boisson alcoolique locale dénommée « Sodabi » est érigée en vaccin contre le coronavirus suite à des désinformations qui prescrivent la prise d’une dose chaque matin aux populations (jeunes et adultes) de plusieurs villages, notamment celles des communautés hôtes des entreprises minières (Tabligbo, Hahotoé, Vogan, Kinikondji, Sikakondji, Tokpli, Kpomé) que l’Ong a visitées.

“Le Sodabi sert en même temps de gel hydro-alcoolique pour désinfecter les mains. Certaines mesures barrières comme les accolades, les poignées de mains et le port de cache-nez sont rejetés par une majeure partie des populations des villages et cantons précités“, affirme Yves Dossou, le coordonnateur général de l’Ong SADD.

Dans ses analyses, cet dernier explique cette situation regrettable par la ‘désinformation’ et le manque criard de sensibilisation dans ces milieux un peu reculés de la capitale, Lomé.

L’étude réalisée par SADD révèle par ailleurs que “la crainte demeure, s’agissant des localités très reculées où le WhatsApp désinforme et où l’internet est inaccessible ou peu accessible, de même que les canaux classiques de relais d’informations que sont la radio et la télévision”.

D’où l’implication des organisations de la société civile pour accompagner le gouvernement dans la diffusion de bonnes et justes informations et sa mise en application.

« Le rapport de ces recherches actions et les recommandations qui s’y trouvent vont permettre au gouvernement de prendre la mesure des choses et d’intervenir en faveur de ses populations qui estiment être défavorisée en cette période de crise mondiale sanitaire où la majeure partie de la population plus nantie bénéficie encore des gestes de solidarité de la part du gouvernement », indique le coordonnateur général de SADD.

Il fait savoir par ailleurs que jusqu’au 6 avril 2020, date de la fin des recherches actions, “les communautés hôtes des entreprises minières n’ont bénéficié d’aucune mesure d’accompagnement de la part de ces entreprises minières, ni de projet en perspective en termes de responsabilité sociétale face à la pandémie de COVID-19.

A noter que ces recherches actions ont été respectivement financées par WSM (We Social Movements), la  DGD (Direction Générale au Développement) de la Belgique et le Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement (CCFD-Terre Solidaire) de France.      

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